Ligne particulière façon break de chasse et moteurs Boxer caractérisent l’Alfa Romeo 145 lancée en 1994.

Alfa Romeo 145 – 146 Boxer (1994 – 1997), le chant du cygne du flat-four milanais, dès 1 800 €

C’est peu dire qu’on n’a pas apprécié le rachat par Fiat, chez Alfa Romeo, fin 1986. Ford était sur les rangs, et le géant italien, ayant eu vent de la transaction, a tout fait pour la récupérer… à moindre coût, qui plus est. L’affaire n’est pourtant pas si mauvaise pour la maison milanaise car le Turinois dispose de bases techniques nettement plus modernes que celles de l’ovale bleu. À commencer par celle de la future Tipo, qui sort en 1988.

Elle servira à de très nombreux modèles, notamment chez Alfa, d’abord la 155 qui, en 1992, remplace l’antédiluvienne 75. Mais il y a aussi urgence à remplacer la 33, techniquement hors d’âge (elle dérive de l’Alfasud … de 1971). Alors, on récupère un projet initialement prévu pour… Lancia. En effet, Chris Bangle, alors designer chez Fiat avait commencé à plancher sur un projet de remplacement de la Lancia Delta. Mario Maioli, patron du style Fiat l’a vu et l’a réattribué à Alfa. Là, les équipes de Walter de Silva finalisent la voiture, et la transforment en 3 portes : ce sera la 145. Plus tard, ils en dériveront une 5 portes, la 146. La première est présentée en avril 1994, la seconde en octobre 1994 .

À sa sortie en 1994, l’Alfa Romeo 146 surprend par son esthétique, incomparablement plus moderne que celle de la 33 qu’elle remplace.

Sous le capot, le flat-four de la 33 est reconduit, mais modernisé, en 1.3 (90 ch), 1.6 (103 ch) et 1.7 (129 ch). C’est le seul moteur à s’installer longitudinalement dans la plateforme de la Tipo. Deux finitions sont proposées sur les 1.3 et 1.6, normale et L. Si la direction assistée et l’airbag sont de série sur les deux, seule la L a droit aux vitres avant électriques, au volant et aux sièges réglables en hauteur, voire aux boucliers peints. À ceci, la 1.7 ajoute l’ABS, les jantes alliage et la décoration sportive.

La clim demeure quoi qu’il arrive une option. Une autre époque ! En 1995, les prix s’échelonnent de 81 300 F pour la 145 1.3 à 117 600 F pour la 146 1.7 en passant par 94 600 F pour la 145 1.6 L. Soit respectivement 17 600 €, 25 400 € et 20 400 €. Des tarifs bien représentés pour ces autos originales, mais le poids élevé induit par la plateforme musèle quelque peu les moteurs. Les amateurs l’accepteront mal et ces autos ne se vendront pas très bien. Les Boxer seront d’ailleurs remplacés dès 1997 par des blocs Twin-Spark d’origine Fiat mais retravaillés chez Alfa et… plus puissants.

Notez ce décroché au niveau de la base de la vitre de portière, qui ajoute du caractère à la ligne de la 145.
Notez ce décroché au niveau de la base de la vitre de portière, qui ajoute du caractère à la ligne de la 145.

Combien ça coûte ?

Pas cher. À 1 800 €, on se déniche une 1.3 en bon état, totalisant moins de 150 000 km, et à 2 000 €, sur instantané une 1.6 à kilométrage comparable, alors que la 1,7 l grimpera jusqu’à 3 000 €. Sous les 100 000 km, rendu facilement 500 €.

La 146, apparue fin 1994, semble un peu moins originale que la 145. Ici, une version de base aux boucliers non peints.
La 146, apparue fin 1994, semble un peu moins originale que la 145. Ici, une version de base aux boucliers non peints.

Quelle version choisir ?

Vu la faible différence de prix, on sera tenté par la 1.7, mais elle est très rare. Aussi peut-on se rabattre sur la 1.6 sans crainte, la 1.3 ayant vraiment du mal à tirer son poids.

La 1.7 16V est la plus puissante des 145-146 à moteur Boxer.  C'est la plus collectionnable de toutes, même si la 2.0 Quadrifoglio à bloc d'origine Fiat est plus performante.
La 1.7 16V est la plus puissante des 145-146 à moteur Boxer. C’est la plus collectionnable de toutes, même si la 2.0 Quadrifoglio à bloc d’origine Fiat est plus performante.

Les versions collector

Là, ce sera sans ambages la rare 1.7, surtout à faible kilométrage.

Notez la position longitudinale avant du moteur, une spécificité des 145 – 146 parmi les autos à châssis de Fiat Tipo.  La fiabilité est excellente.
Notez la position longitudinale avant du moteur, une spécificité des 145 – 146 parmi les autos à châssis de Fiat Tipo. La fiabilité est excellente.

Que surveiller ?

Les moteurs Boxer, éprouvés, se sont révélés très fiables dans ces autos. Seulement, ils ont deux courroies de distribution chacune à renouvelé tous les 80 000 km, ce qui a un certain prix. On relève aussi des cas d’actionneur de ralenti capricieux, mais rien de bien grave. La boîte est, elle aussi, solide, même si, passé 150 000 km, les synchros de 2 et 3 commencent à craquer un peu.

Rien de spécial à signaler du côté de la suspension, qui vieillit normalement, alors que la corrosion est bien maîtrisée sur ces autos. Évidemment, vu leur âge, une inspection des bas de caisse et des passages de roue arrière ne sera pas superflue.

Certes peu flatteur, l’habitacle résiste au temps, même si des faux contacts peuvent se manifester.

Au volant

Sur route, les Alfa 145 et 146 (ci-dessus) profitent d'un comportement rigoureux, même si le poids entrave les performances.
Sur route, les Alfa 145 et 146 (ci-dessus) profitent d’un comportement rigoureux, même si le poids entrave les performances.

C’est vrai que l’habitacle de la 145 1.6 L n’est pas très joyeux ni bien fini. Mais le tableau est bien agencé, et la position de conduite excellente. Au démarrage, on reconnaît la mélodie typique du Boxer Alfa, et rien que ça, ça donne le sourire ! Souple et doux, il fait toujours preuve de bonne volonté, même si on envoie que le poids lui coupe un peu les ailes. Attention, ce bloc régale toujours par son caractère et sa propension à prendre des tours, tout en conférant à la 145 une ambiance particulière.

Le châssis ? C’est celui de la Tipo, donc il est très bon pour son époque. Direction consistante et précise, train avant fidèle, bel équilibre général, amortissement bien calibré : plus de puissance serait la bienvenue ! Pour sa part, le freinage est très convenable.

Reste la consommation : la 145 1.6 réclame 8,5 l/100 km en moyenne, ce qui est correct pour une auto de cette génération.

L’alternative youngtimer

Alfa Roméo 33 (1983-1994)

L'Alfa 33 à son lancement, en 1983. La ligne est déjà très particulière, et la 146 s'inspire de sa poupe, donnant à la carrosserie un typage 2 volumes et demi.
L’Alfa 33 à son lancement, en 1983. La ligne est déjà très particulière, et la 146 s’inspire de sa poupe, donnant à la carrosserie un typage 2 volumes et demi.

Remplaçant le remarquable Alfasud à partir de 1983, la 33 reprend l’essentiel de la technique (plateforme, suspensions, moteurs) mais en simplifie certains aspects comme les freins. Plus spacieuse et pratique, elle n’est en revanche pas aussi amusante à conduire à cause de son poids supérieur et de ses suspensions assouplies. Mais son excellent moteur boxer chante toujours aussi bien !

Du petit 1,3 l de 79 ch au puissant 1,7 l de 137 ch apparu en 1990, la 33 profite de performances souvent supérieures à celles de la concurrence. Améliorée en 1986 (châssis, présentation) elle est ensuite largement restylée en 1989 (avant et arrière redessinés). Elle se décline en break Giardinetta dès 1984 et bénéficie d’une transmission 4×4 enclenchable. Les Italiens auront même droit à une version équipée d’un 3-cylindres turbo-diesel VM.

Démodée mais toujours améliorée et améliorée d’une gamme variée, la 33 se vendra finalement bien, jusqu’à son arrêt en 1994. C’est dans les vieux pots… Près de 980 000 unités seront fabriquées : pas mal ! À partir de 2 500 €.

Le passager avant de l'Alfa 145 bénéficie d'un repos-pied bien agréable, même si on ne voit pas ici.
Le passager avant de l’Alfa 145 bénéficie d’un repos-pied bien agréable, même si on ne voit pas ici.

Alfa Romeo 145 1.6 Boxer (1995), la fiche technique

  • Moteur : 4 cylindres à plat, 1 596 cm3
  • Alimentation : injection électronique
  • Suspension : jambes McPherson, ressorts hélicoïdaux, triangulation, barre antiroulis (AV) ; bras tirés, ressorts hélicoïdaux barre antiroulis (AR)
  • Transmission : boîte 5 manuelle, traction
  • Puissance : 103 ch à 6 000 tr/mn
  • Couple : 134 Nm à 4 500 tr/mn
  • Poids : 1 140 kg
  • Vitesse maxi : 185 km/h (donnée constructeur)
  • 0 à 100 km/h : 11 s (donnée constructeur)
La sécurité passive explique la prise de poids des voitures, l'Alfa 146 comme les autres.
La sécurité passive explique la prise de poids des voitures, l’Alfa 146 comme les autres.

Pour trouver une Alfa Romeo 145 ou 146 d’occasion, rendez-vous sur le site de La Centrale

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